vendredi 13 octobre 2017

Agatha Raisin enquête, tome 05 : Pour le meilleur et pour le pire

Résumé : 

Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s'apprêtent à dire "oui", Jimmy, l'ex-mari d'Agatha, surgit en pleine cérémonie... Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l'autel. Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d'un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d'une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.

Mon avis : 

Ce tome 5 est tout simplement un petit bijou que j'ai dévoré ! Ça y'est enfin Agatha va épouser James, enfin presque !
"Le mariage d'Agatha Raisin et de James Lacey devait avoir lieu dans une semaine. Les habitants de Carsely, village des Cotswolds, étaient déçus qu'Agatha ne se marie pas à l’église du village, mais à la mairie de Mircester, et Mrs Bloxby, la femme du pasteur, était perplexe et meurtrie.
Agatha était seule à savoir qu'elle n'avait aucune preuve de la mort de son premier mari. Seule à savoir aussi qu'elle s'apprêtait peut-être à devenir bigame.
" Voila cinq tomes que l'on attends ce moment et tout ne se passe pas comme prévu puisque l'ex-mari d'Agatha débarque pendant la cérémonie avant d’être assassiné le lendemain. C'est donc l'occasion pour nos deux détectives de reprendre du service et de se lancer dans une très bonne enquête.

J'ai adoré ce tome même si l’enquête est un peu simpliste. On a le coupable sous le nez pendant toute la durée du roman et puis pas de grande révélation a la fin. Mais on en apprends plus sur Agatha et elle devient de plus en plus attachante. 
Comme toujours il y a des passages vraiment très drôle et l'on se régale tout a long du livre. Il me tarde maintenant de me plonger dans le tome 6 et de retrouver Carsely et ses habitants :
"Carsely était silencieux sous la lumière grise d’une aube détrempée. La pluie avait cessé et l’air était froid. Le village s’étirait le long d’une grand-rue d’où partaient de petites ruelles sinueuses, comme Lilac Lane, où habitait Agatha. En l’absence de toute circulation, Carsely devait avoir à peu près le même aspect qu’un siècle plus tôt, avec ses cottages au toit de chaume nichés à l’ombre de la tour carrée de l’église romane."

mardi 10 octobre 2017

Ce que je sais de Vera Candida

Résumé : 

Quelque part dans une Amérique du Sud imaginaire, trois femmes d'une même lignée semblent promises au même destin : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Elles sont toutes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Parmi elles, seule Vera Candida ose penser qu'un destin, cela se brise. Elle fuit l'île de Vatapuna dès sa quinzième année et part pour Lahomeria, où elle rêve d'une vie sans passé. Un certain Itxaga, journaliste à L'Indépendant, va grandement bouleverser cet espoir. Un ton d'une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C'est ce qu'il fallait pour donner à cette fable la portée d'une histoire universelle : l'histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants. L'histoire de l'amour en somme, déplacée dans l'univers d'un conte tropical, où Véronique Ovaldé a rassemblé tous les thèmes - et les êtres - qui lui sont chers.

Mon avis : 

Véronique Ovaldé m'a encore conquise avec un de ses romans. Ce que je sais de Vera Candida m'a plu et m'a fait voyagé dans des contrées lointaines et imaginaire. Comme dans beaucoup de romans d'Amérique du sud, ici on côtoie une lignée de femmes sur plusieurs générations. 

Rose, Violette et Vera  vont toutes trois avoir une fille sans pouvoir révéler le nom du père. Ce sont des femmes fortes qui vont se battre et se débrouiller pour élevé leur progéniture. "L'odeur de Monica Rose faisait chavirer Vera Candida. Elle s'asseyait près de sa fille et plongeait le visage dans ses cheveux. Ils sentaient le sel et l'iode, le vent et quelque chose de plus souterrain et mammifère, comme la sueur d'un minuscule rongeur ou bien d'un petit loup. Monica Rose sentait la fourrure. Vera Candida se disait toujours, Comment ferai-je quand je serai une très vieille femme, que je n'y verrai plus, que je tenterai de me souvenir de cette odeur. Elle s'efforçait d'enregistrer comme sur des cylindres d'argile les sensations liées à sa fille : la main de la petite dans la sienne, la façon dont Monica Rose serrait son cou avec ses bras aussi fins que des roseaux, elle serrait serrait en y mettant toute sa minuscule force, et c'était inenvisageable de ne plus être deux un jour, c'était si injuste que cela paraissait impossible."

On suit leurs aventures avec beaucoup d’intérêt et le roman se lit très vite. L'écriture est toujours très belle et fluide.

Mon seul bémol serait la fin du roman et ce qui arrive a Vera... Pourquoi cette fin ? Je l'ai trouvé triste et j'aurais aimé quelque chose de différent, qu'elle retourne sur l'île de Vatapuna pour une autre raison. Mais comme le dit si bien le roman : "Dans la vraie vie, on ne comprend pas toujours tout, il n'y a pas de notice, il faut que tu te débrouilles pour faire le tri."

Lu dans le cadre du challenge :
- Le temps à l'envers (2017/1900) 

lundi 9 octobre 2017

Agatha Raisin enquête, tome 04 : Randonnée mortelle

Résumé : 

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds - et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l'impression d'enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.
Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d'affaires criminelles. Comme le meurtre d'une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.
Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d'un tueur se perd aussi facilement que la tête ou... la vie !

Mon avis : 

Même si j'ai beaucoup aimé ce tome, je dirais que cette enquête est un peu en dessous des trois précédentes. Heureusement le personnage haut en couleur d'Agatha et sa vie privée font que le roman se dévore et se lit très facilement. Et puis cette fin laisse présager une excellente suite.

Mais revenons à Randonnée Mortelle. Agatha, rentre dans les Cotswolds après un séjour à Londres. Elle est ravie de retrouver la vie paisible de la campagne et surtout son voisin qu'elle aime toujours. Bien évidement qui dit retour d'Agatha, dit un nouveau meurtre. Cette fois-ci c'est une membre du club de randonnée qui est assassiné. Cette dernière était assez détestable et avait beaucoup d'ennemi(e)s mais bien sur, cela ne fait pas peur à Agatha qui se lance immédiatement dans l'enquête.

L'intrigue en elle-même est pas très passionnante mais notre duo de choc d'enquêteurs : Agatha et James sont à mourir de rire. Notamment la scène de ménage dans le pub que j'ai beaucoup aimé. Bref, les tomes suivants ne devraient pas faire long feu car nos deux héros me manquent déjà !

jeudi 5 octobre 2017

Au lieu-dit Noir-Étang...

Résumé : 

Août 1926. Chatham, Nouvelle-Angleterre, à quelques encablures du cap Cod : son église, son port de pêche et son école de garçons, fondée par Arthur Griswald, qui la dirige avec droiture et vertu. L'arrivée de la belle Mlle Channing, venue d'Afrique pour enseigner les arts plastiques à Chatham School, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts. Henry, le fils adolescent de M Griswald, est vite fasciné par celle qui va lui enseigner le dessin et lui faire découvrir qu'il faut " vivre ses passions jusqu'au bout ". Du coup, l'idéal de vie digne et conventionnelle que prône son père lui semble être un carcan. Henry assiste, complice muet et narrateur peu fiable, à la naissance d'un amour tragique entre Mlle Channing et M Reed, le professeur de lettres qui vit au bord du Noir-Etang avec sa femme et sa fille. Il voit en eux " deux figures romantiques, des versions modernes de Catherine et de Heathcliff ". Mais l'adultère est mal vu à l'époque, et après le drame qui entraine la chute de Chatham School, le lecteur ne peut que se demander, tout comme le procureur : " Que s'est-il réellement passé au Noir-Etang ce jour-là ? "

Mon avis : 

Ce roman est un vrai coup de cœur et à peine refermé, il me tarde déjà de lire un autre roman de Thomas H. Cook que je découvrais ici pour la première fois.

Au fil des pages, j’ai voyagé sur la côte est américaine dans les années 1920. On y fait la connaissance d’Henry, le narrateur qui se remémore un tragique été de sa jeunesse. « Les rares fois que j’ai pensé à elle, c’était toujours comme à un souvenir effacé, une fleur écrasée entre les pages d’un très vieux livre en lambeaux. » Son père était directeur d’une école de garçon ou il était lui-même élève, dans une petite ville tranquille. Puis arriva, Mlle Channing, une jeune femme qui va bousculer la vie de la petite ville en acceptant de devenir professeur d’Art. « L'art, c'est comme l'amour. C'est tout ou rien. »

J’ai adoré le suspense qui règne au fil des pages, cette tension qui monte crescendo et qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne. Car oui, il faut attendre les dernières lignes pour avoir toutes les révélations et que toutes les pièces du puzzle boitement enfin. 

L’intrigue est passionnante, le roman et l’enquête passionnante. On passe de flash-back, en flash-back, de pièce du procès, d’interrogatoire a la narration d’Henry. Les personnages sont très attachants et surtout complexes et mystérieux. Malgré cette fin, j’ai encore plein de questions qui restent volontairement sans réponse car comme les jurés du procès, c’est à nous de nous faire notre propre idée de l’affaire.

mardi 3 octobre 2017

Comme une pierre que l'on jette

Résumé : 

En retrouvant par hasard son amour d’étudiante sur Facebook, Frida n’imaginait pas que tant de souvenirs remonteraient à la surface. Les photos et les actualités qui défilent font ressurgir dans sa tête admiration, frustration, et quantité de sentiments enfouis.

Elle ressent à nouveau l’intimité partagée vingt ans plus tôt, le doute, la jalousie, le renoncement. Alors elle rédige un message qui, comme une bouteille lancée à la mer, ramènera dans son sillage bien des surprises.

Un roman tout en douceur qui rappelle l’infime frontière entre l’amour et l’amitié. Loin des clichés de la littérature sentimentale, on oscille avec les personnages entre le passé et le présent. On rature et on réécrit l’histoire en même temps qu’on apprend à la connaître. Un écrin d’émotions pour une ode à la vie.

Mon avis : 


Tout d’abord, je tiens à remercier Livraddict pour leur partenariat ainsi que les éditions Persée pour l’envoi de ce roman. Je dois être honnête avec vous, je ne sais pas vraiment comment commencer cette critique car je n’ai pas aimé ma lecture. Il est toujours aisé de dire du bien d’un roman mais l’exercice est bien plus difficile en sens inverse. Un roman demande beaucoup d’effort, de travail a un auteur et je ne renie pas ça mais je pense que je m’attendais à autre chose.

Frida, notre héroïne traîne sur Facebook quand elle tomber sur le profil de son ancien meilleur ami dont elle était amoureuse. C’est l’occasion pour elle de remonter le fil de ses souvenirs et de nous les confier : « Nous ne nous sommes plus vus depuis vingt ans, tu en avais vingt-cinq à l'époque, moi vingt, tu en as quarante-cinq aujourd'hui, moi quarante. Comme tu as changé ! Avoir eu du mal à t'identifier avec certitude induit évidemment la question "et toi, me reconnaîtrais-tu si tu tombais par hasard sur mes photos d’aujourd’hui ?" Cette interrogation m'a donné l'impression de délirer !
Mille fois je suis revenue à ton image, Clark, mille fois ! Plutôt que grossi, je dirai que tu as épaissi, et n'as plus rien à voir avec le jeune homme au visage fin et au corps nerveux et noueux qui attirait tous les regards. Tu étais grand, longiligne, les épaules larges et la taille très fine, une ancienne scoliose courbait un peu le haut de ton dos, mais tu dégageais une impression d’élégance, et tu précisais qu'avoir fait du tennis depuis l'enfance avait sculpté ton corps. Même si on te voit pas en entier sur la photo, il n'est pas difficile de deviner qu'il n'y a plus rien d'élancé ! »


Le point positif du roman est qu’il est très touchant. Frida se confie, sur cet amour de jeunesse, plein de bons sentiments. Elle est sincère et le roman d’à peine 163 pages, se lit très vite. Malgré tout, pour moi c’est une déception car ces 163 pages sont très longues !
Il y a très peu d’actions, la plupart du temps (à l’exception de la fin), il s’agit juste des pensées de notre narratrice. Et donc, la construction est vraiment brouillonne : notre narratrice pense et couche directement ses pensées sur le papier. Et le pire de tout son les répétitions qui jalonnent les pages et qui sont insupportables pour le lecteur. Ça me rappelle un exercice que l’on faisait à l’école primaire ou l’on devait chercher des synonymes pour éviter les répétitions. Ici les mêmes idées, les mêmes phrases reviennent encore et encore, comme si il n’y avait eu aucune relecture.

Frida, quant à elle, m’a laissé de marbre. « Aujourd'hui, mon mari me compare à une chatte, mais à l’époque de notre compagnonnage, je crois que je ressemblais plutôt à un écureuil. As-tu jamais pris le temps d'en observer un ? Quand il est en confiance, il s'avance vers nous par petits bonds précautionneux, marque des arrêts pour juger de la situation et se convaincre qu'elle est sure, puis s'enhardit jusqu’à aller piocher dans la main qui lui est tendue. Puis il s'empresse de faire demi-tour, va s'installer plus loin en tournant le dos pour manger ce dont il a été gratifié, et surtout, surtout, se remettre de l'effort consenti pour s’approcher d'un être humain. Je ne sais pas si tu t'es jamais rendu compte que j’étais cet écureuil, Clark, car il y avait ce que je donnais à voir, et il y avait ce que je protégeais, tout en ces heures ou je revisite le passé, je réalise qu'au fond j'ai peu changé, et mon compte Facebook en témoigne. Je m'y cache derrière l'entreprise que j'ai créée, et n'y ai pas posté de photo de moi.
Même en vingt ans, un écureuil ne se transforme pas en paon qui fait la roue. »

Je n’ai pas réussi à éprouver quelque chose pour elle. Je l’ai trouvé immature et je pense que j’aurais aimé la découvrir un peu plus. Ce qu’elle a fait pendant ces vingt dernières années, comment elle vit…. C’est un choix de la part de l’auteur de n’avoir construit son roman autour des pensées de Frida, de ses confidences, mais une partie du roman aurait pu être à la troisième personne pour nous en apprendre d’avantage sur elle. J’ai toujours un peu de mal avec les romans à la première personne car au final, on a qu’une seule version d’un fait au lieu d’un narrateur neutre qui nous expose les faits sous différents point de vue.

Bref, c’est une déception pour moi. J’ai pu lire d’autres avis, certains bons, d’autres mauvais et j’ai l’impression qu’avec Comme une pierre que l'on jette, ça passe ou ça casse. Je vous invite quand même à vous en faire une idée par vous-même.


dimanche 1 octobre 2017

En mer

Résumé : 

Las du quotidien de sa vie de bureau, Donald décide de partir naviguer seul pendant trois mois en mer du Nord. Maria, sa fille de sept ans, le rejoint pour la dernière étape qui doit les ramener du Danemark aux Pays-Bas, où ils retrouveront sa femme.
Mer étale, complicité entre le père et la fille: la traversée s annonce idyllique. Mais rapidement, les nuages noirs se profilent à l horizon, et Donald semble de plus en plus tourmenté. Jusqu à cette nuit cauchemardesque où Maria disparaît du bateau alors que la tempête éclate...

Mon avis : 

Voila longtemps que je voulais lire  En mer et je dois dire que je ne suis pas déçue, bien au contraire. Toine Heijmans nous livre ici un roman très court mais tellement intense qu'on le dévore d'une traite. 

On fait la connaissance de Donald, qui prend trois mois pour partir réaliser un rêve de longue date : naviguer en solitaire sur un voilier. Pour conclure cette aventure, il embarque sa fille de sept ans pour une dernière escale : "Elle comprenait ce qui allait se passer. D'après moi, elle en avait même envie. Quelques jours seule avec son père, le pirate. Oui, elle se sentirait comme Fifi Brindacier. une enfant qui ne recule devant rien. Dans les bras de son père, et dans les bras de la mer."
Mais tout ne se passe pas vraiment comme prévu... 
"Ce fut mon choix à moi. Je voulais l'aventure. Quand on lit des livres d'aventure, on lit des récits de héros. L'homme contre l'eau. L'homme contre la montagne. L'homme contre la jungle, contre la nature. Mais maintenant que moi-même je me retrouve dans une aventure, ça n'a rien de romantique. Ici règne un froid de pierre.
Les gens normaux évitent l'aventure - ils ont raison. Quand tu escalades une montagne, ton sort est entre les mains de la montagne. Qu'est-ce que ça peut lui faire, à la montagne, si tu tombes?
"

Le suspense monte progressivement et la construction du roman est habile : des le départ on sait qu'il se passe quelque chose de grave mais l'auteur choisit un flashback pour nous faire doucement patienter. Il joue avec ses lecteurs avec cette fin qui bouscule toutes nos certitudes de lecture. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman et cette première rencontre avec l'auteur. Le personnage de Donald est lui aussi attachant même si au final, il reste un grand mystère. Je reste sur ma fin et je suis curieuse de savoir ce qu'il est devenu après son arrivée au port....

dimanche 24 septembre 2017

Les trois saisons de la rage

Résumé : 

En 1859, le médecin-major Rochambaud, qui suit les armées de Napoléon III dans leurs campagnes d'Italie, écrit au médecin de campagne d'un village normand, le docteur Le Coeur. A travers eux, le soldat Délicieux, ordonnance du premier, et sa famille peuvent communiquer. Ce sont de pauvres paysans illettrés, qui n'ont eu pour seul recours contre la misère, que de « vendre » leur fils, enrôlé à la place de celui de paysans prospères. Mais Délicieux se révèle, à la déception de son mentor, plus retors qu'il n y paraît...
Suit le journal du médecin Jean-Baptiste Le Coeur, un veuf, père de trois enfants adultes. Ce praticien que l'on croit humaniste et vertueux y avoue ses troubles sexuels, des relations érotiques nombreuses et un tempérament de feu. Et il en faut pour accomplir ses tâches quotidiennes ! Plus de trente patients par jour dont il connaît secrets de famille, adultères, misères sociales et maladies et qu'avec le curé et le sorcier, il tente de soigner.
Il y a dans ce roman mille romans, autant d'expériences où la naïveté, le cynisme, la brutalité, l'avidité, l'égoïsme et le sexe sont la source des conduites des personnages. Une comédie humaine prend vie, tourbillon de destins où paysans et châtelains partagent une même avidité de vivre.

Mon avis : 

Voila un bon bout de temps que ce roman est dans ma PAL et c'est avec un challenge que je ne suis décidée à l'en sortir. Je ne suis pas totalement conquise mais mon bilan n'est pas complètement négatif.

La forme est un peu complexe et il m'a été difficile de m'y retrouver. On a d'abord un échange de lettres entre plusieurs personnages puis vient ensuite le journal intime d'un médecin de campagne qui retourne en arrière dans la passé. Heureusement l'écriture de l'auteur est belle et on se prend finalement au jeu. Le médecin brosse également un portrait de la médecine de XIXe siècle et l'on ne peut qu'être ravie d'être nés a notre époque. Saignées, peu d'hygiène, pas d'anesthésiant.... bref on se dit que la médecine a beaucoup évoluée. 

Ce personnage qui nous livre ses pensées est attachant et j'ai pris plaisir a le suivre. On se rend compte que son métier est épuisant et que mémé s'il voit un montagne de patient chaque jour, il est bien seul dans la vie. Heureusement, il a quelques maîtresses pour se consoler. 

Bref, c'est une bonne découverte a déguster par petites touches. Il faut bien prendre son temps, pour vraiment apprécier le récit. Pour terminer, je dirais que la fin m'a surprise, elle arrive rapidement, et de manière brutale. Je ne m'y attendais pas, mais je n'en dis pas plus et je vous laisse découvrir le roman et vous en faire une idée.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Challenge de l'été 2017
- Challenge Le temps à l'envers (2017/1900)

samedi 9 septembre 2017

Le fait du prince

Résumé : 

Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate.

Mon avis :

Encore une fois Amélie Nothomb m'a conquise avec un de ses romans. Le fait du prince est un court roman que j'ai dévoré d'une traite. On fait la rencontre d'un homme qui lors d'une soirée à une étrange conversation. Que faire si un homme inconnu meurt chez vous ? Improbable pas tant que ça car le lendemain, cette situation va se produire au domicile de notre narrateur. 
"- Vous n'êtes pas innocent. Quelqu'un est mort chez vous.
- Il faut bien mourir quelque part.
- Chez vous, pas au cinéma, pas à la banque, pas dans son lit. Ce quidam a attendu d'être chez vous pour passer l'arme à gauche. Le hasard n'existe pas. S'il est mort à votre domicile, vous y êtes forcément pour quelque chose.
- Mais non. Cette personne peut avoir éprouvé une émotion violente à laquelle vous êtes étranger.
- Elle a eu le mauvais goût de l'éprouver dans votre appartement. Allez expliquer cela à la police.
"

Comme toujours c'est bien écrit, plein d'humour et le roman se dévore. L'intrigue est prenante, le roman bien mené et l'on passe un excellent moment "La villa n'a pas de fenêtres, mais des baies vitrées. J'en déteste la fonction. La fenêtre sert aux habitants d'une maison à voir l'extérieur, tandis que la baie vitrée sert aux habitants d'une villa à être vus de l'extérieur. La preuve, c'est que la baie vitrée va jusqu'à terre : or les pieds ne regardent pas. Cela permet de montrer aux voisins qu'on porte de belles chaussures, même quand on reste chez soi.

 Lu dans le cadre des challenges  :
- Challenge de l'été 2017
- Objectif du mois

mardi 5 septembre 2017

Les sorcières de North Hampton, tome 1

Résumé : 

Joanna Beauchamp et ses filles Ingrid et Freya vivent à North Hampton, à la pointe de l’île de Long Island. La ville, belle et brumeuse, semble comme figée dans le temps, et les trois femmes y mènent une vie en apparence paisible.
En réalité elles sont de puissantes sorcières. Joanna peut ressusciter les morts et guérir les blessures graves. Ingrid, passionnée de livres, prédit le futur et tisse des fils qui résolvent les problèmes d’infertilité et d’infidélité. Enfin Freya, la fille rebelle, possède les charmes et potions capables de guérir les peines de cœur.
Mais depuis des centaines d’années, les trois femmes n’ont pas le droit d’utiliser leurs pouvoirs. Jusqu’au jour où Freya, partagée entre deux frères séduisants, et prise dans un dangereux jeu de désir, met son secret en péril. Ingrid et Joanna connaissent le même dilemme, et les femmes de la famille Beauchamp comprennent qu’elles ne peuvent plus dissimuler leur nature profonde. Elles récupèrent leur baguette magique au grenier, nettoient leur balais et commencent à lancer des sorts sur les gens de la ville. Au départ plutôt des petits sorts simples et bienveillants. Mais des attaques violentes troublent bientôt North Hampton, et quand une jeune fille disparaît le week-end du 4 juillet, Joanna, Ingrid et Freya décident de découvrir qui et quelles forces maléfiques œuvrent contre elles.

Mon avis : 

Voilà un moment que je voulais découvrir cette saga. Je ne suis pas trop littérature fantastique mais j'aime les histoires de sorcières. De plus, cette trilogie a été adapté en série TV et avant de la visionner, je préfère toujours lire le livre.  Alors ici, pas de coup de cœur mais j'ai passé un bon moment en compagnie de Joanna et de ses deux filles Freya et Ingrid.

Nos trois héroïnes sont des sorcières qui n'ont plus le droit d'exercer la magie. Mais par un concours de circonstance, elles vont être amenés a s'y remettre pour aider leur entourage. Mais très vite, elles vont découvrir qu'une menace plane sur la ville et elles vont tout faire pour sauver le monde.

Ce n'est pas la trilogie du siècle mais j'ai passé un bon moment. Le roman se lit très vite et le suspense est présent. Mon petit bémol irait pour l'écriture : c'est la première fois que je lis Melissa de la Cruz et je suis un peu déçue quand a son style. La fin est malgré tout prometteuse et je pense que je lirai la suite.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Le temps à l'envers (2017/1900)
- Challenge de l'été 2017

La fille du roi araignée

Résumé : 

À dix-sept ans, Abike Johnson, la fille d'un richissime magnat de Lagos, a l'habitude de se laisser porter par l'immense Mercedes noire de son père dans les rues de la ville. Un jour, alors que la voiture est assaillie par des vendeurs à la sauvette, le regard d'Abike croise celui d'un colporteur : jeune, beau, élégant sous ses haillons, il détonne dans la foule. Lui vit dans un quartier mal famé. Tous les jours, il parcourt des kilomètres en vendant des glaces pour subvenir aux besoins de sa soeur et de sa mère. Abike découvre un univers inconnu qui la fascine et invite à son tour le jeune homme dans son monde. Mais le coup de foudre initial se transforme bientôt en un jeu de séduction mortel, entre amour et haine, tandis que des secrets de famille les obligent à choisir leur camp...

Mon avis : 

J'ai posé mes valises au Nigéria pour y faire la connaissance d' Abike, jeune fille riche et d'un jeune homme colporteur. Malgré leur différence de classe sociale, ces deux-là font flirtait en tout innocence au début mais rapidement, les secrets de famille qui entoure Abike vont refaire surface.
Rien que pour le dépaysement, ce roman vaut le détour. J'ai adoré cette ambiance africaine, découvrir les us et coutumes et la manière de vivre. "Le soulagement de profiter de la bise du soir a vite cédé la place à la déprime quand je me suis rappelé dans quel quartier je me rendais. Même les ordures n'ont qu'une idée : se tailler."

Le personnage du colporteur m'a beaucoup plu et on s'attache forcement à lui. Pour Abike, c'est différent. Au départ, elle m'a beaucoup agacé mais au final, on éprouve forcement un peu de pitié pour elle. Grandir dans une famille comme la sienne ne doit pas être facile. 

J'ai aimé l'écriture de l'auteur ainsi que la construction du roman qui alterne les points de vue de nos deux personnages. J'espère que l'auteur ne s'arrêtera pas la et nous offrira d'autres romans comme celui-ci.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Le temps à l'envers (2017/1900)
- Challenge de l'été 2017