vendredi 13 octobre 2017

Agatha Raisin enquête, tome 05 : Pour le meilleur et pour le pire

Résumé : 

Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s'apprêtent à dire "oui", Jimmy, l'ex-mari d'Agatha, surgit en pleine cérémonie... Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l'autel. Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d'un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d'une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.

Mon avis : 

Ce tome 5 est tout simplement un petit bijou que j'ai dévoré ! Ça y'est enfin Agatha va épouser James, enfin presque !
"Le mariage d'Agatha Raisin et de James Lacey devait avoir lieu dans une semaine. Les habitants de Carsely, village des Cotswolds, étaient déçus qu'Agatha ne se marie pas à l’église du village, mais à la mairie de Mircester, et Mrs Bloxby, la femme du pasteur, était perplexe et meurtrie.
Agatha était seule à savoir qu'elle n'avait aucune preuve de la mort de son premier mari. Seule à savoir aussi qu'elle s'apprêtait peut-être à devenir bigame.
" Voila cinq tomes que l'on attends ce moment et tout ne se passe pas comme prévu puisque l'ex-mari d'Agatha débarque pendant la cérémonie avant d’être assassiné le lendemain. C'est donc l'occasion pour nos deux détectives de reprendre du service et de se lancer dans une très bonne enquête.

J'ai adoré ce tome même si l’enquête est un peu simpliste. On a le coupable sous le nez pendant toute la durée du roman et puis pas de grande révélation a la fin. Mais on en apprends plus sur Agatha et elle devient de plus en plus attachante. 
Comme toujours il y a des passages vraiment très drôle et l'on se régale tout a long du livre. Il me tarde maintenant de me plonger dans le tome 6 et de retrouver Carsely et ses habitants :
"Carsely était silencieux sous la lumière grise d’une aube détrempée. La pluie avait cessé et l’air était froid. Le village s’étirait le long d’une grand-rue d’où partaient de petites ruelles sinueuses, comme Lilac Lane, où habitait Agatha. En l’absence de toute circulation, Carsely devait avoir à peu près le même aspect qu’un siècle plus tôt, avec ses cottages au toit de chaume nichés à l’ombre de la tour carrée de l’église romane."

mardi 10 octobre 2017

Ce que je sais de Vera Candida

Résumé : 

Quelque part dans une Amérique du Sud imaginaire, trois femmes d'une même lignée semblent promises au même destin : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Elles sont toutes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Parmi elles, seule Vera Candida ose penser qu'un destin, cela se brise. Elle fuit l'île de Vatapuna dès sa quinzième année et part pour Lahomeria, où elle rêve d'une vie sans passé. Un certain Itxaga, journaliste à L'Indépendant, va grandement bouleverser cet espoir. Un ton d'une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C'est ce qu'il fallait pour donner à cette fable la portée d'une histoire universelle : l'histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants. L'histoire de l'amour en somme, déplacée dans l'univers d'un conte tropical, où Véronique Ovaldé a rassemblé tous les thèmes - et les êtres - qui lui sont chers.

Mon avis : 

Véronique Ovaldé m'a encore conquise avec un de ses romans. Ce que je sais de Vera Candida m'a plu et m'a fait voyagé dans des contrées lointaines et imaginaire. Comme dans beaucoup de romans d'Amérique du sud, ici on côtoie une lignée de femmes sur plusieurs générations. 

Rose, Violette et Vera  vont toutes trois avoir une fille sans pouvoir révéler le nom du père. Ce sont des femmes fortes qui vont se battre et se débrouiller pour élevé leur progéniture. "L'odeur de Monica Rose faisait chavirer Vera Candida. Elle s'asseyait près de sa fille et plongeait le visage dans ses cheveux. Ils sentaient le sel et l'iode, le vent et quelque chose de plus souterrain et mammifère, comme la sueur d'un minuscule rongeur ou bien d'un petit loup. Monica Rose sentait la fourrure. Vera Candida se disait toujours, Comment ferai-je quand je serai une très vieille femme, que je n'y verrai plus, que je tenterai de me souvenir de cette odeur. Elle s'efforçait d'enregistrer comme sur des cylindres d'argile les sensations liées à sa fille : la main de la petite dans la sienne, la façon dont Monica Rose serrait son cou avec ses bras aussi fins que des roseaux, elle serrait serrait en y mettant toute sa minuscule force, et c'était inenvisageable de ne plus être deux un jour, c'était si injuste que cela paraissait impossible."

On suit leurs aventures avec beaucoup d’intérêt et le roman se lit très vite. L'écriture est toujours très belle et fluide.

Mon seul bémol serait la fin du roman et ce qui arrive a Vera... Pourquoi cette fin ? Je l'ai trouvé triste et j'aurais aimé quelque chose de différent, qu'elle retourne sur l'île de Vatapuna pour une autre raison. Mais comme le dit si bien le roman : "Dans la vraie vie, on ne comprend pas toujours tout, il n'y a pas de notice, il faut que tu te débrouilles pour faire le tri."

Lu dans le cadre du challenge :
- Le temps à l'envers (2017/1900) 

lundi 9 octobre 2017

Agatha Raisin enquête, tome 04 : Randonnée mortelle

Résumé : 

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds - et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l'impression d'enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.
Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d'affaires criminelles. Comme le meurtre d'une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.
Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d'un tueur se perd aussi facilement que la tête ou... la vie !

Mon avis : 

Même si j'ai beaucoup aimé ce tome, je dirais que cette enquête est un peu en dessous des trois précédentes. Heureusement le personnage haut en couleur d'Agatha et sa vie privée font que le roman se dévore et se lit très facilement. Et puis cette fin laisse présager une excellente suite.

Mais revenons à Randonnée Mortelle. Agatha, rentre dans les Cotswolds après un séjour à Londres. Elle est ravie de retrouver la vie paisible de la campagne et surtout son voisin qu'elle aime toujours. Bien évidement qui dit retour d'Agatha, dit un nouveau meurtre. Cette fois-ci c'est une membre du club de randonnée qui est assassiné. Cette dernière était assez détestable et avait beaucoup d'ennemi(e)s mais bien sur, cela ne fait pas peur à Agatha qui se lance immédiatement dans l'enquête.

L'intrigue en elle-même est pas très passionnante mais notre duo de choc d'enquêteurs : Agatha et James sont à mourir de rire. Notamment la scène de ménage dans le pub que j'ai beaucoup aimé. Bref, les tomes suivants ne devraient pas faire long feu car nos deux héros me manquent déjà !

jeudi 5 octobre 2017

Au lieu-dit Noir-Étang...

Résumé : 

Août 1926. Chatham, Nouvelle-Angleterre, à quelques encablures du cap Cod : son église, son port de pêche et son école de garçons, fondée par Arthur Griswald, qui la dirige avec droiture et vertu. L'arrivée de la belle Mlle Channing, venue d'Afrique pour enseigner les arts plastiques à Chatham School, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts. Henry, le fils adolescent de M Griswald, est vite fasciné par celle qui va lui enseigner le dessin et lui faire découvrir qu'il faut " vivre ses passions jusqu'au bout ". Du coup, l'idéal de vie digne et conventionnelle que prône son père lui semble être un carcan. Henry assiste, complice muet et narrateur peu fiable, à la naissance d'un amour tragique entre Mlle Channing et M Reed, le professeur de lettres qui vit au bord du Noir-Etang avec sa femme et sa fille. Il voit en eux " deux figures romantiques, des versions modernes de Catherine et de Heathcliff ". Mais l'adultère est mal vu à l'époque, et après le drame qui entraine la chute de Chatham School, le lecteur ne peut que se demander, tout comme le procureur : " Que s'est-il réellement passé au Noir-Etang ce jour-là ? "

Mon avis : 

Ce roman est un vrai coup de cœur et à peine refermé, il me tarde déjà de lire un autre roman de Thomas H. Cook que je découvrais ici pour la première fois.

Au fil des pages, j’ai voyagé sur la côte est américaine dans les années 1920. On y fait la connaissance d’Henry, le narrateur qui se remémore un tragique été de sa jeunesse. « Les rares fois que j’ai pensé à elle, c’était toujours comme à un souvenir effacé, une fleur écrasée entre les pages d’un très vieux livre en lambeaux. » Son père était directeur d’une école de garçon ou il était lui-même élève, dans une petite ville tranquille. Puis arriva, Mlle Channing, une jeune femme qui va bousculer la vie de la petite ville en acceptant de devenir professeur d’Art. « L'art, c'est comme l'amour. C'est tout ou rien. »

J’ai adoré le suspense qui règne au fil des pages, cette tension qui monte crescendo et qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne. Car oui, il faut attendre les dernières lignes pour avoir toutes les révélations et que toutes les pièces du puzzle boitement enfin. 

L’intrigue est passionnante, le roman et l’enquête passionnante. On passe de flash-back, en flash-back, de pièce du procès, d’interrogatoire a la narration d’Henry. Les personnages sont très attachants et surtout complexes et mystérieux. Malgré cette fin, j’ai encore plein de questions qui restent volontairement sans réponse car comme les jurés du procès, c’est à nous de nous faire notre propre idée de l’affaire.

mardi 3 octobre 2017

Comme une pierre que l'on jette

Résumé : 

En retrouvant par hasard son amour d’étudiante sur Facebook, Frida n’imaginait pas que tant de souvenirs remonteraient à la surface. Les photos et les actualités qui défilent font ressurgir dans sa tête admiration, frustration, et quantité de sentiments enfouis.

Elle ressent à nouveau l’intimité partagée vingt ans plus tôt, le doute, la jalousie, le renoncement. Alors elle rédige un message qui, comme une bouteille lancée à la mer, ramènera dans son sillage bien des surprises.

Un roman tout en douceur qui rappelle l’infime frontière entre l’amour et l’amitié. Loin des clichés de la littérature sentimentale, on oscille avec les personnages entre le passé et le présent. On rature et on réécrit l’histoire en même temps qu’on apprend à la connaître. Un écrin d’émotions pour une ode à la vie.

Mon avis : 


Tout d’abord, je tiens à remercier Livraddict pour leur partenariat ainsi que les éditions Persée pour l’envoi de ce roman. Je dois être honnête avec vous, je ne sais pas vraiment comment commencer cette critique car je n’ai pas aimé ma lecture. Il est toujours aisé de dire du bien d’un roman mais l’exercice est bien plus difficile en sens inverse. Un roman demande beaucoup d’effort, de travail a un auteur et je ne renie pas ça mais je pense que je m’attendais à autre chose.

Frida, notre héroïne traîne sur Facebook quand elle tomber sur le profil de son ancien meilleur ami dont elle était amoureuse. C’est l’occasion pour elle de remonter le fil de ses souvenirs et de nous les confier : « Nous ne nous sommes plus vus depuis vingt ans, tu en avais vingt-cinq à l'époque, moi vingt, tu en as quarante-cinq aujourd'hui, moi quarante. Comme tu as changé ! Avoir eu du mal à t'identifier avec certitude induit évidemment la question "et toi, me reconnaîtrais-tu si tu tombais par hasard sur mes photos d’aujourd’hui ?" Cette interrogation m'a donné l'impression de délirer !
Mille fois je suis revenue à ton image, Clark, mille fois ! Plutôt que grossi, je dirai que tu as épaissi, et n'as plus rien à voir avec le jeune homme au visage fin et au corps nerveux et noueux qui attirait tous les regards. Tu étais grand, longiligne, les épaules larges et la taille très fine, une ancienne scoliose courbait un peu le haut de ton dos, mais tu dégageais une impression d’élégance, et tu précisais qu'avoir fait du tennis depuis l'enfance avait sculpté ton corps. Même si on te voit pas en entier sur la photo, il n'est pas difficile de deviner qu'il n'y a plus rien d'élancé ! »


Le point positif du roman est qu’il est très touchant. Frida se confie, sur cet amour de jeunesse, plein de bons sentiments. Elle est sincère et le roman d’à peine 163 pages, se lit très vite. Malgré tout, pour moi c’est une déception car ces 163 pages sont très longues !
Il y a très peu d’actions, la plupart du temps (à l’exception de la fin), il s’agit juste des pensées de notre narratrice. Et donc, la construction est vraiment brouillonne : notre narratrice pense et couche directement ses pensées sur le papier. Et le pire de tout son les répétitions qui jalonnent les pages et qui sont insupportables pour le lecteur. Ça me rappelle un exercice que l’on faisait à l’école primaire ou l’on devait chercher des synonymes pour éviter les répétitions. Ici les mêmes idées, les mêmes phrases reviennent encore et encore, comme si il n’y avait eu aucune relecture.

Frida, quant à elle, m’a laissé de marbre. « Aujourd'hui, mon mari me compare à une chatte, mais à l’époque de notre compagnonnage, je crois que je ressemblais plutôt à un écureuil. As-tu jamais pris le temps d'en observer un ? Quand il est en confiance, il s'avance vers nous par petits bonds précautionneux, marque des arrêts pour juger de la situation et se convaincre qu'elle est sure, puis s'enhardit jusqu’à aller piocher dans la main qui lui est tendue. Puis il s'empresse de faire demi-tour, va s'installer plus loin en tournant le dos pour manger ce dont il a été gratifié, et surtout, surtout, se remettre de l'effort consenti pour s’approcher d'un être humain. Je ne sais pas si tu t'es jamais rendu compte que j’étais cet écureuil, Clark, car il y avait ce que je donnais à voir, et il y avait ce que je protégeais, tout en ces heures ou je revisite le passé, je réalise qu'au fond j'ai peu changé, et mon compte Facebook en témoigne. Je m'y cache derrière l'entreprise que j'ai créée, et n'y ai pas posté de photo de moi.
Même en vingt ans, un écureuil ne se transforme pas en paon qui fait la roue. »

Je n’ai pas réussi à éprouver quelque chose pour elle. Je l’ai trouvé immature et je pense que j’aurais aimé la découvrir un peu plus. Ce qu’elle a fait pendant ces vingt dernières années, comment elle vit…. C’est un choix de la part de l’auteur de n’avoir construit son roman autour des pensées de Frida, de ses confidences, mais une partie du roman aurait pu être à la troisième personne pour nous en apprendre d’avantage sur elle. J’ai toujours un peu de mal avec les romans à la première personne car au final, on a qu’une seule version d’un fait au lieu d’un narrateur neutre qui nous expose les faits sous différents point de vue.

Bref, c’est une déception pour moi. J’ai pu lire d’autres avis, certains bons, d’autres mauvais et j’ai l’impression qu’avec Comme une pierre que l'on jette, ça passe ou ça casse. Je vous invite quand même à vous en faire une idée par vous-même.


dimanche 1 octobre 2017

En mer

Résumé : 

Las du quotidien de sa vie de bureau, Donald décide de partir naviguer seul pendant trois mois en mer du Nord. Maria, sa fille de sept ans, le rejoint pour la dernière étape qui doit les ramener du Danemark aux Pays-Bas, où ils retrouveront sa femme.
Mer étale, complicité entre le père et la fille: la traversée s annonce idyllique. Mais rapidement, les nuages noirs se profilent à l horizon, et Donald semble de plus en plus tourmenté. Jusqu à cette nuit cauchemardesque où Maria disparaît du bateau alors que la tempête éclate...

Mon avis : 

Voila longtemps que je voulais lire  En mer et je dois dire que je ne suis pas déçue, bien au contraire. Toine Heijmans nous livre ici un roman très court mais tellement intense qu'on le dévore d'une traite. 

On fait la connaissance de Donald, qui prend trois mois pour partir réaliser un rêve de longue date : naviguer en solitaire sur un voilier. Pour conclure cette aventure, il embarque sa fille de sept ans pour une dernière escale : "Elle comprenait ce qui allait se passer. D'après moi, elle en avait même envie. Quelques jours seule avec son père, le pirate. Oui, elle se sentirait comme Fifi Brindacier. une enfant qui ne recule devant rien. Dans les bras de son père, et dans les bras de la mer."
Mais tout ne se passe pas vraiment comme prévu... 
"Ce fut mon choix à moi. Je voulais l'aventure. Quand on lit des livres d'aventure, on lit des récits de héros. L'homme contre l'eau. L'homme contre la montagne. L'homme contre la jungle, contre la nature. Mais maintenant que moi-même je me retrouve dans une aventure, ça n'a rien de romantique. Ici règne un froid de pierre.
Les gens normaux évitent l'aventure - ils ont raison. Quand tu escalades une montagne, ton sort est entre les mains de la montagne. Qu'est-ce que ça peut lui faire, à la montagne, si tu tombes?
"

Le suspense monte progressivement et la construction du roman est habile : des le départ on sait qu'il se passe quelque chose de grave mais l'auteur choisit un flashback pour nous faire doucement patienter. Il joue avec ses lecteurs avec cette fin qui bouscule toutes nos certitudes de lecture. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman et cette première rencontre avec l'auteur. Le personnage de Donald est lui aussi attachant même si au final, il reste un grand mystère. Je reste sur ma fin et je suis curieuse de savoir ce qu'il est devenu après son arrivée au port....

dimanche 24 septembre 2017

Les trois saisons de la rage

Résumé : 

En 1859, le médecin-major Rochambaud, qui suit les armées de Napoléon III dans leurs campagnes d'Italie, écrit au médecin de campagne d'un village normand, le docteur Le Coeur. A travers eux, le soldat Délicieux, ordonnance du premier, et sa famille peuvent communiquer. Ce sont de pauvres paysans illettrés, qui n'ont eu pour seul recours contre la misère, que de « vendre » leur fils, enrôlé à la place de celui de paysans prospères. Mais Délicieux se révèle, à la déception de son mentor, plus retors qu'il n y paraît...
Suit le journal du médecin Jean-Baptiste Le Coeur, un veuf, père de trois enfants adultes. Ce praticien que l'on croit humaniste et vertueux y avoue ses troubles sexuels, des relations érotiques nombreuses et un tempérament de feu. Et il en faut pour accomplir ses tâches quotidiennes ! Plus de trente patients par jour dont il connaît secrets de famille, adultères, misères sociales et maladies et qu'avec le curé et le sorcier, il tente de soigner.
Il y a dans ce roman mille romans, autant d'expériences où la naïveté, le cynisme, la brutalité, l'avidité, l'égoïsme et le sexe sont la source des conduites des personnages. Une comédie humaine prend vie, tourbillon de destins où paysans et châtelains partagent une même avidité de vivre.

Mon avis : 

Voila un bon bout de temps que ce roman est dans ma PAL et c'est avec un challenge que je ne suis décidée à l'en sortir. Je ne suis pas totalement conquise mais mon bilan n'est pas complètement négatif.

La forme est un peu complexe et il m'a été difficile de m'y retrouver. On a d'abord un échange de lettres entre plusieurs personnages puis vient ensuite le journal intime d'un médecin de campagne qui retourne en arrière dans la passé. Heureusement l'écriture de l'auteur est belle et on se prend finalement au jeu. Le médecin brosse également un portrait de la médecine de XIXe siècle et l'on ne peut qu'être ravie d'être nés a notre époque. Saignées, peu d'hygiène, pas d'anesthésiant.... bref on se dit que la médecine a beaucoup évoluée. 

Ce personnage qui nous livre ses pensées est attachant et j'ai pris plaisir a le suivre. On se rend compte que son métier est épuisant et que mémé s'il voit un montagne de patient chaque jour, il est bien seul dans la vie. Heureusement, il a quelques maîtresses pour se consoler. 

Bref, c'est une bonne découverte a déguster par petites touches. Il faut bien prendre son temps, pour vraiment apprécier le récit. Pour terminer, je dirais que la fin m'a surprise, elle arrive rapidement, et de manière brutale. Je ne m'y attendais pas, mais je n'en dis pas plus et je vous laisse découvrir le roman et vous en faire une idée.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Challenge de l'été 2017
- Challenge Le temps à l'envers (2017/1900)

samedi 9 septembre 2017

Le fait du prince

Résumé : 

Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate.

Mon avis :

Encore une fois Amélie Nothomb m'a conquise avec un de ses romans. Le fait du prince est un court roman que j'ai dévoré d'une traite. On fait la rencontre d'un homme qui lors d'une soirée à une étrange conversation. Que faire si un homme inconnu meurt chez vous ? Improbable pas tant que ça car le lendemain, cette situation va se produire au domicile de notre narrateur. 
"- Vous n'êtes pas innocent. Quelqu'un est mort chez vous.
- Il faut bien mourir quelque part.
- Chez vous, pas au cinéma, pas à la banque, pas dans son lit. Ce quidam a attendu d'être chez vous pour passer l'arme à gauche. Le hasard n'existe pas. S'il est mort à votre domicile, vous y êtes forcément pour quelque chose.
- Mais non. Cette personne peut avoir éprouvé une émotion violente à laquelle vous êtes étranger.
- Elle a eu le mauvais goût de l'éprouver dans votre appartement. Allez expliquer cela à la police.
"

Comme toujours c'est bien écrit, plein d'humour et le roman se dévore. L'intrigue est prenante, le roman bien mené et l'on passe un excellent moment "La villa n'a pas de fenêtres, mais des baies vitrées. J'en déteste la fonction. La fenêtre sert aux habitants d'une maison à voir l'extérieur, tandis que la baie vitrée sert aux habitants d'une villa à être vus de l'extérieur. La preuve, c'est que la baie vitrée va jusqu'à terre : or les pieds ne regardent pas. Cela permet de montrer aux voisins qu'on porte de belles chaussures, même quand on reste chez soi.

 Lu dans le cadre des challenges  :
- Challenge de l'été 2017
- Objectif du mois

mardi 5 septembre 2017

Les sorcières de North Hampton, tome 1

Résumé : 

Joanna Beauchamp et ses filles Ingrid et Freya vivent à North Hampton, à la pointe de l’île de Long Island. La ville, belle et brumeuse, semble comme figée dans le temps, et les trois femmes y mènent une vie en apparence paisible.
En réalité elles sont de puissantes sorcières. Joanna peut ressusciter les morts et guérir les blessures graves. Ingrid, passionnée de livres, prédit le futur et tisse des fils qui résolvent les problèmes d’infertilité et d’infidélité. Enfin Freya, la fille rebelle, possède les charmes et potions capables de guérir les peines de cœur.
Mais depuis des centaines d’années, les trois femmes n’ont pas le droit d’utiliser leurs pouvoirs. Jusqu’au jour où Freya, partagée entre deux frères séduisants, et prise dans un dangereux jeu de désir, met son secret en péril. Ingrid et Joanna connaissent le même dilemme, et les femmes de la famille Beauchamp comprennent qu’elles ne peuvent plus dissimuler leur nature profonde. Elles récupèrent leur baguette magique au grenier, nettoient leur balais et commencent à lancer des sorts sur les gens de la ville. Au départ plutôt des petits sorts simples et bienveillants. Mais des attaques violentes troublent bientôt North Hampton, et quand une jeune fille disparaît le week-end du 4 juillet, Joanna, Ingrid et Freya décident de découvrir qui et quelles forces maléfiques œuvrent contre elles.

Mon avis : 

Voilà un moment que je voulais découvrir cette saga. Je ne suis pas trop littérature fantastique mais j'aime les histoires de sorcières. De plus, cette trilogie a été adapté en série TV et avant de la visionner, je préfère toujours lire le livre.  Alors ici, pas de coup de cœur mais j'ai passé un bon moment en compagnie de Joanna et de ses deux filles Freya et Ingrid.

Nos trois héroïnes sont des sorcières qui n'ont plus le droit d'exercer la magie. Mais par un concours de circonstance, elles vont être amenés a s'y remettre pour aider leur entourage. Mais très vite, elles vont découvrir qu'une menace plane sur la ville et elles vont tout faire pour sauver le monde.

Ce n'est pas la trilogie du siècle mais j'ai passé un bon moment. Le roman se lit très vite et le suspense est présent. Mon petit bémol irait pour l'écriture : c'est la première fois que je lis Melissa de la Cruz et je suis un peu déçue quand a son style. La fin est malgré tout prometteuse et je pense que je lirai la suite.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Le temps à l'envers (2017/1900)
- Challenge de l'été 2017

La fille du roi araignée

Résumé : 

À dix-sept ans, Abike Johnson, la fille d'un richissime magnat de Lagos, a l'habitude de se laisser porter par l'immense Mercedes noire de son père dans les rues de la ville. Un jour, alors que la voiture est assaillie par des vendeurs à la sauvette, le regard d'Abike croise celui d'un colporteur : jeune, beau, élégant sous ses haillons, il détonne dans la foule. Lui vit dans un quartier mal famé. Tous les jours, il parcourt des kilomètres en vendant des glaces pour subvenir aux besoins de sa soeur et de sa mère. Abike découvre un univers inconnu qui la fascine et invite à son tour le jeune homme dans son monde. Mais le coup de foudre initial se transforme bientôt en un jeu de séduction mortel, entre amour et haine, tandis que des secrets de famille les obligent à choisir leur camp...

Mon avis : 

J'ai posé mes valises au Nigéria pour y faire la connaissance d' Abike, jeune fille riche et d'un jeune homme colporteur. Malgré leur différence de classe sociale, ces deux-là font flirtait en tout innocence au début mais rapidement, les secrets de famille qui entoure Abike vont refaire surface.
Rien que pour le dépaysement, ce roman vaut le détour. J'ai adoré cette ambiance africaine, découvrir les us et coutumes et la manière de vivre. "Le soulagement de profiter de la bise du soir a vite cédé la place à la déprime quand je me suis rappelé dans quel quartier je me rendais. Même les ordures n'ont qu'une idée : se tailler."

Le personnage du colporteur m'a beaucoup plu et on s'attache forcement à lui. Pour Abike, c'est différent. Au départ, elle m'a beaucoup agacé mais au final, on éprouve forcement un peu de pitié pour elle. Grandir dans une famille comme la sienne ne doit pas être facile. 

J'ai aimé l'écriture de l'auteur ainsi que la construction du roman qui alterne les points de vue de nos deux personnages. J'espère que l'auteur ne s'arrêtera pas la et nous offrira d'autres romans comme celui-ci.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Le temps à l'envers (2017/1900)
- Challenge de l'été 2017

Le pensionnat des jeunes filles sages

Résumé : 

Années trente, Caroline du Nord. À la suite d'une tragédie familiale dans laquelle elle a joué un rôle mystérieux, la jeune Thea est accompagnée par son père dans un internat pour jeunes filles de la haute société sudiste. Là, on inculque une éducation très stricte aux futures épouses, et on remet dans le droit chemin les âmes égarées. Le seul moment de plaisir, ce sont les leçons d'équitation. Thea va devoir se plier à ces nouvelles règles. L'internat est tenu par un couple sévère, qui connaît les véritables raisons de la présence de Thea. Si Mme Holmes juge et condamne, M. Holmes se montre bien plus compréhensif avec la ravissante Thea. Rebelle, brave jusqu'à l'inconscience, et surtout avide de croquer la vie à pleines dents, Thea prend tous les risques, balaie les conventions, bouscule les préjugés. Et depuis la nuit des temps, une telle arrogance se paie au prix fort...

Mon avis : 

Le pensionnat des jeunes filles sages était dans ma PAL depuis une éternité et je suis vraiment ravie de l'avoir enfin lu car j'ai passé un excellent moment. C'est une lecture idéale pour les vacances d'été. 

Nous sommes transporté au cœur des années 30, au début de la crise économique. "Le pays était alors plongé dans la Grande Dépression, mais ma famille n'avait pas souffert de la crise. Mon père était médecin et les gens étaient toujours prêts à payer pour se soigner."
Théa est envoyé dans un pensionnat de jeune fille après un drame familiale. Au fil des pages, on en apprends davantage sur ce qui c'est joué entre elle, son frère jumeau et son cousin. Mais entre temps, elle nous raconte sa vie quotidienne au sein du pensionnat : les cours théoriques, le matin et les leçons d'équitation l'après-midi. On découvre ici, un lot de jeune fille toutes bien différentes mais qui n'aspire qu'a un futur commun : "Car nous finirions toutes par nous marier – pas avant nos dix-huit ans, fallait-il espérer, mais tout de même avant de fêter nos vingt-et-un ans. Je crois toutefois qu’aucune d’entre nous ne liait mariage et passion. nous avions eu l’exemple de nos parents, de nos tantes et oncles, de nos sœurs avec leur mari. Nous n’étions pas idiotes. Nous comprenions que le désir était une chose dangereuse, à manipuler avec précaution – comme une mère le fait d’un flacon de parfum ancien, précieux, qu’elle transmettra à son aînée le jour de ses seize ans."

Ce n'est pas de la grande litterature mais pourtant Théa est attachante et le roman bien construit, ce qui fait que l'on prend plaisir a la lecture. Le suspense est également au rendez-vous et l'on n'a qu'une envie : découvrir ce que cache la famille de Théa. "Peut-être ma mère m'avait-elle envoyée ici en partie parce qu'elle était en colère contre elle-même de n'avoir rien vu de ce qui se passait sous son propre toit."Mon seul bémol serait la fin du roman que j'ai trouvé un peu bâclé et bien trop rapide....

Lu dans le cadre des challenges : 
- Le temps à l'envers (2017/1900)
- Challenge de l'été 2017

On ne voyait que le bonheur

Résumé :

« Une vie, et j'étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros. Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde. Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser. Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant. Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies. Combien valurent les nôtres ? » À force d'estimer, d'indemniser la vie des autres, un assureur va s'intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s'affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l'adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.

Mon avis : 

J'aime beaucoup Grégoire Delacourt et je me suis régalée avec La liste de mes envies ou encore La première chose qu'on regarde. Ici avec On ne voyait que le bonheur, je suis plus mitigée.  Dans ces précédents romans l'auteur abordait la misère et la détresse des gens avec beaucoup d'humour mais ici le roman est lourd et pesant. "Je me suis dit que le bonheur on ne le sait qu'après; on ne sait jamais qu'on est en train de le vivre, contrairement à la douleur."

On fait la connaissance, d'un homme, un monsieur tout le monde, expert en assurance, père de famille. Tout va bien pour lui jusqu'au jour ou il perd son job, sa femme le quitte et il se retrouve seul avec ses deux enfants. "Le bonheur est une telle ivresse, une telle violence qu'il emporte tout. Les pudeurs. Les peurs. Il peut être si douloureux, il peut faire vaciller, anéantir. Exactement comme le malheur. Mais on ne le dit jamais de crainte que le monde se méfie du bonheur. Parce que alors tout s'écroulerait." Il va commettre un geste inexplicable qui va le pousser a changer radicalement de vie. 

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher l'intrigue qui, malgré la noirceur de l’écriture, est vraiment a la hauteur. Il faut souligner aussi que le roman est habillement construit en trois partie bien distincte qui apporte beaucoup a l'intrigue, surtout la dernier dont la narratrice est la fille de notre héros. "Comprendre, c'est faire un pas de géant vers l'autre. C'est le début du pardon."

Encore une fois c'est un livre de Grégoire Delacourt qui m'a conquise. Peut-être un peu moins que les précédents mais j'ai malgré tout passer un bon moment.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Le temps à l'envers (2017/1900) 
- Challenge de l'été 2017


dimanche 20 août 2017

Petits secrets, grands mensonges

Résumé : 

Jane, mère célibataire, vient d’emménager à Sydney avec son petit garçon et un secret qui est le sien depuis cinq ans. Le jour de la rentrée scolaire, elle rencontre Madeline, un personnage haut en couleur avec lequel il faut compter – elle se souvient de tout et ne pardonne jamais – et Céleste, une femme à la beauté époustouflante mais qui, paradoxalement, est toujours mal à l’aise. Elles prennent toutes deux Jane sous leur aile, en faisant attention de dissimuler leurs propres secrets. Cependant, quand un simple incident impliquant les enfants de chacune des trois femmes survient à l’école, les choses s’enveniment : les commérages vont bon train, les rumeurs empoisonnées se propagent jusqu’au point où il est impossible de démêler le vrai du faux.

Mon avis : 

Petits secrets, grands mensonges est ma première rencontre avec Liane Moriarty. J'ai pourtant Le secret du mari dans ma PAL depuis un petit moment mais je n'ai pas encore trouvé l'occasion de l'en sortir. Et puis c'est Petits secrets, grands mensonges, que j'avais envie de lire en premier, car je voulais voir son adaptation en parallèle de ma lecture.

Il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer et rentrer vraiment dans l'histoire. On a affaire a trois femmes vraiment particulières avec lesquelles il est difficile de s'identifier. "Tout le monde rêvait d'être riche et beau, mais ceux qui l'étaient réellement se devaient de faire comme s'ils n'avaient rien de plus que les autres. Quel drôle de monde que le nôtre !"
La construction du roman est elle aussi bien singulière, puisque chaque chapitre se termine par un interrogatoire de police de personnes qui ont côtoyaient nos trois héroïnes. On sait donc dès le départ qu'un crime a eu lieu mais on ne sait pas quand, ou, qui et par qui. "Inspecteur Adrian Quilam : A ce stade, nous n'avons procédé à aucune arrestation mais ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes convaincus d'avoir déjà interrogé la ou les personnes impliquées.
Stu : Je crois que personne n'a la moindre idée de qui a fait quoi. Pas même la police.
"
Chaque chapitre alterne également le point de fou de nos trois personnages, il faut donc doucement se familiariser avec elles pour bien comprendre la suite.

Si il est difficile de rentrer dans le roman, un fois fait, il est impossible de le relâcher tant on est captivé. Le suspense monte progressivement et l'on commence a soupçonner tout le monde. Jane arrive dans une petite ville avec son fils et se lit d'amitié avec Céleste et Madeline. On se rend vite compte que derrière les apparences de familles unies se cachent bien des secrets. Toutes les trois vont très vite avoir des mobiles de meurtres. La tension monte d'un cran quand le fils de Jane est accusé par de maltraitance sur une petite fille de son école. Très vite nos mamans s'en mêle et tous les adultes commencent à régler leurs comptes. "Il parait que c'est mieux de pardonner, mais je ne sais pas, je l'aime bien, moi, ma rancœur. J'en prend soin comme d'une plante."

J'ai été conquise par le roman et son adaptation a la télé est également une réussite. Il faut dire qu'avec un tel casting, ça ne pouvait qu'être bien : Nicole Kidman, Reese Witherspoon et Shailene Woodley. 

Reese Witherspoon remporte pour moi le meilleur rôle, je l'ai trouvé excellente. Chapeau, malgré tout à Nicole Kidman, qui avait sans doute le rôle le plus difficile à jouer.

En plus du roman, la série vaut le détour à cause des paysages magnifiques de Californie !

J'ai été conquise aussi bien par le livre que la série et je pense que Le secret du mari, ne devrait pas rester très longtemps dans ma PAL.

Lu dans le cadre du challenge :
- Challenge de l'été

Vague à l'âme au Botswana

Résumé :

Mma Ramotswe, unique femme détective du Botswana, a du souci à se faire. Les finances de l'Agence n°1 des Dames Détectives et le moral de son fiancé, Mr J. L. B. Matekoni, sont au plus bas. Sans compter cette enquête pour le moins délicate qu'elle doit mener loin de Gaborone dans la famille d'un membre du gouvernement ! Heureusement, la très efficace Mma Makutsi, secrétaire émérite de l'Agence et assistante détective, prend les choses en main. Promue directrice par intérim du garage de Mr J. L. B. Matekoni, elle remet tout en ordre, dirige les apprentis à la baguette et trouve encore le temps de faire son travail de détective dans le milieu trouble et superficiel des concours de beauté. Au Botswana, lorsque les femmes s'en mêlent, tout finit par s'arranger !

Mon avis : 

Quel bonheur de retrouver Mma Ramotswe et ses enquêtes dans ce troisième tome de la saga. Ici les enquêtes arrivent que tardivement et ce roman est plus accès sur le couple Mma Ramotswe et Mr J. L. B. Matekoni. Malgré ça, j'ai dévoré ce tome d'une traite lors d'un voyage en train.

Le couple de fiancés fait faite a des difficultés avant leur mariage : Mma Ramotswe, se rend compte que son agence n'est pas assez rentable et envisage de s'installer dans les locaux du garage de son futur mari, tandis que Mr J. L. B. Matekoni, souffre de dépression et délaisse son garage. Heureusement Mma Makutsi, va prendre le taureau par les cornes et faire tourner les deux entreprises avec brio. 

Coté enquêtes, je les ai beaucoup aimé même si elles assez simples et ont été un peu vite résolues. Mma Ramotswe est chargé par un homme d'Etat d'enquêter dans sa famille car il soupçonne sa belle-sœur de vouloir empoisonné son frère, tandis que Mma Makutsi, va devoir s'assurer que les quatre finalistes d'un concours de beauté sont irréprochables.
""Bon, les hommes du Botswana aiment les jolies femmes. Ils ne cessent de les regarder même lorsqu'ils prennent de l'âge, et de se dire : "Cette femme est belle", ou"Celle ci est plus jolie que celle-là", etc.
- Ils font la même chose avec le bétail, fit remarquer Mma Makutsi. Ils disent: "Cette vache-là est bonne" et "Celle-ci est moins bonne."Le bétail. Les femmes . C'est la même chose pour les hommes.
Mr. Pulani lui jeta un regard en biais.
- Peut être, admit-il. C'est une façon de voir les choses. Peut être."

L'écriture de l'auteur est toujours aussi belle, le roman est truffé d'humour et surtout, comme avec les deux tomes précédents, nous avons juste envie de prendre un billet d'avion pour le Botswana. 
"C'était bien d'être africain. certes, il se passait des choses terribles sur ce continent, des choses qui amenaient la honte et le désespoir lorsqu'on les méditait, mais elles n'étaient pas tout. Aussi profondes fussent les souffrances des peuples de l'Afrique, aussi déchirants la cruauté et le chaos apportés par les soldats - de petits garçons auxquels on avait confié des armes, en vérité -, il restait en Afrique d'innombrables sujets de fierté. La bonté humaine, par exemple. Et l'aptitude au sourire. Et l'art et la musique." 

Lu dans le cadre du challenge :
- Challenge de l'été

vendredi 18 août 2017

Des couples

Résumé :

Voici, réédité pour la première fois, le premier recueil de nouvelles de Maurice Leblanc, publié en 1890.
Le jeune écrivain, qui ignorait qu´il deviendrait quinze plus tard le créateur d´Arsène Lupin, s´y montre un disciple de Maupassant particulièrement inspiré, souvent digne de son maître.
On trouvera dans ces textes cinglants un tableau particulièrement vivant de Rouen et du pays de Caux à la fin du XIXe siècle, brossé d´une plume à la fois simple, claire et ironique.
Recueil de sept nouvelles :
- La Fortune de Monsieur Fouque
- Mon amie, Madame Rollet
- Les Époux Dumouchel
- Un amour
- Le Fils aux Duramé
- Roméo et Juliette
- Le Devoir

Mon avis :

C'est la première fois que je lis Maurice Leblanc et je suis conquise. Son écriture n'a pas pris une ride et j'ai dévoré ce recueil de sept nouvelles.

Le recueil s'ouvre sur La Fortune de Monsieur Fouque, ou ce dernier reçoit une lettre anonyme qui lui indique que sa femme à une liaison : "En arrivant à son bureau, M. Fouque aperçut sur la table une lettre à son adresse. Il déchira l’enveloppe et lut :
« Monsieur,
Je vous préviens que votre femme a rendez-vous, chaque mercredi, à trois heures, au carrefour des Ormes, dans la cabane d’un bûcheron. Son complice est un de vos amis, un de vos collègues de cercle. »"
Cette nouvelle ressemble beaucoup a une nouvelle de Maupassant dans le style. Notre couple Fouque est vraiment très drôle.

Ensuite Mon amie, Madame Rollet, nous raconte l'histoire d'un homme qui rencontre une femme :
"Or, un vendredi, cinq ans après la mort de sa femme, des amis de Rouen le retinrent à dîner. Le repas fut très gai, le champagne coula, puis l’on se munit de cigares et l’on alla passer la soirée aux Folies-Bergère…
Il se laissa présenter à une grande blonde, qui s’étalait au fond d’une loge. Celle-là lui plaisait, il n’eut su dire pourquoi, comme vous plaisent certaines femmes ni belles ni laides, chez qui l’on ne remarque rien de particulièrement séduisant, et qui, néanmoins, par quelque sortilège, impuissant sur d’autres, vous attirent et vous gardent une heure, une nuit, des années, la vie entière parfois, sans qu’on puisse s’expliquer la nature de leur charme.
"
Les apparences sont trompeuses et l'on passe un très bon moment.

Les Époux Dumouchel est une nouvelle assez difficile tant notre couple est détestable... On fait la rencontre d'un couple qui n'arrive pas a avoir d'enfant. Après plusieurs prières, leur vœux est exaucé. Seulement, le couple n'est pas prêt a un tel changement de vie. C'est une nouvelle fois une histoire très réussite mais difficile de s'attacher aux protagonistes.
 
Un amour est la nouvelle que j'ai le moins aimé. Elle nous raconte l'histoire d'une femme qui s'ennuie avec son mari. C'est une nouvelle assez basique et qui peine un peu à démarrer. C'est sans doute la moins réussite du recueil.
 
Dans Le Fils aux Duramé, nous faisons la connaissance d'un couple qui vient d'avoir un enfant. Quand un homme arrive chez eux et leur fait une curieuse proposition :
"L’homme s’expliqua rapidement, à phrases courtes et nettes :
- Soyez brefs, je n’ai que peu de temps. J’ai su que vous étiez pauvres, jeunes, bien portants, travailleurs. C’est pourquoi je m’adresse à vous. Vous avez un enfant, voulez-vous du mien ? Voici les conditions : tous les trimestres, à partir d’aujourd’hui, vous irez à Fécamp toucher trois cents francs chez le notaire, Maître Loisel
."
Après lecture, je ne sais toujours pas si j'éprouve de la pitié pour ce couple ou de la colère pour leur réaction.

Roméo et Juliette, c'est une des nouvelles que j'ai préféré. Un acteur avoue ici avoir été condamné a 6 mois de prison. Il revient donc sur sa carrière d'acteur et nous raconte comment il en est arrivé la. "Pensez-vous quelquefois aux sensations que doit éprouver un homme, sur la scène, quand il tient entre ses bras une créature jeune, fraîche, souvent à moitié nue ? Assurément, l’habitude, l’idée qu’on nous observe, et surtout la préoccupation de bien jouer nous rendent d’ordinaire impassibles, mais il est des jours où certains d’entre nous, des passionnés, des nerveux, frissonnent au contact de ce corps s’attachant à leur corps, à la vue de ces lèvres se tendant vers leurs lèvres ?"

Enfin Le devoir ou un homme et une femme se retrouve bien des années après avoir vécu une courte histoire d'amour. "Chabreuil attendait au coin d’une avenue. Lucienne le rejoignait, essoufflée, un battement au cœur. Et ils allaient vers le bois dont les feuilles commençaient à joncher la mousse des sentiers. Ils marchaient à petits pas, appuyés l’un sur l’autre. Sur chaque banc, ils se reposaient. Puis ils continuaient leur route, évoquant le passé, reconstruisant sans trêve ni lassitude l’histoire minutieuse de leurs deux mois d’amour…"

En bref, c'est un excellent recueil de nouvelles, qui sont toutes très bien écrites.  C'est une très belle découverte et je suis ravie de cette lecture.

Lu dans le cadre du challenge de l'été 2017

mercredi 16 août 2017

La communauté du sud, tome 01 : Quand le danger rôde

Résumé :

Les vampires vivent désormais parmi les humains grâce à un substitut leur permettant de se nourrir sans tuer. Mais la méfiance règne toujours à Bon Temps, petite ville de l'Amérique profonde. L'arrivée de Bill, ténébreux vampire du me siècle va bouleverser la vie de la jeune serveuse télépathe, Sookie, d'autant qu'une vague de crimes s'abat sur la ville.

Mon avis : 

Je n'aime pas dire du mal d'un roman mais la vraiment, c'est mauvais ! Heureusement le livre est court et j'ai péniblement atteint la dernière page !

On fait la connaissance de Sookie qui tombe amoureuse d'un vampire. Autour d'eux une série de meurtres sont commis et la population accuse les vampires d'en êtres responsables. Le scénario pourrait être passable mais l’héroïne est agaçante et horripilante et son vampire est on ne peut plus caricatural. L’écriture et le style ne sont pas très recherché. Heureusement l'intrigue relève un peu le niveau mais la encore, je m'attendais a une superbe fin mais tout est retombé comme un soufflet.....

J'ai essayé de regarder le premier épisode de la série mais je me suis arrêtée a la moitié tant j'ai détesté. Bref, je ne pense pas être le public visé pour ce genre de roman. Je suis contente de m'en être fait une idée mais je ne retenterai pas l'expérience.

Lu dans le cadre des challenges :
- challenge de l'été
- challenge Objectif du mois 

mardi 15 août 2017

Le cercle des plumes assassines

Résumé : 

Dorothy Parker fut l'une des femmes les plus drôles de l'Amérique. Critique, poète, scénariste, elle fut un pilier de la célèbre Table Ronde de l'hôtel Algonquin, où déjeunaient ensemble les plus fins esprits de New York. Dans ce roman qui nous fait revivre les folles années 20, elle devient malgré elle l'héroïne intrépide d'une enquête criminelle. Un matin, Dorothy découvre sous leur table habituelle un inconnu poignardé en plein cœur. Pour compliquer l'affaire, un jeune outsider, venu du Sud, un certain William («Billy») Faulkner, qui rêve de devenir écrivain, va se trouver mêlé à l'histoire. Il est le seul à avoir eu un furtif aperçu du tueur... Mené à un rythme endiablé, ce roman qui allie suspense et humour nous plonge dans l'ambiance de Manhattan à l'époque de la Prohibition. On y croise gangsters notoires, stars de cinéma, légendes littéraires, des personnes réelles côtoyant des êtres de fiction. Jeux de mots, propos acidulés, insultes à peine voilées : les répliques fusent comme des tirs de mitraillette, le tout dans une joyeuse anarchie. J.J. Murphy, admirateur de longue date de Dorothy Parker, a lancé avec ce premier roman une série autour du «cercle vicieux» de l'hôtel Algonquin. Ce roman et le troisième de la série ont été nominés pour le prestigieux prix du polar «Agatha».

Mon avis : 

Ce roman est un vrai petit bijou ! Il se dévore et l'on passe un excellent moment avec Dorothy Parker. Ici elle enfile son costume d’enquêtrice pour retrouver un meurtrier. En effet, sous la table de restaurant habituelle ou elle et ses amis écrivains ont l'habitude de déjeuner, on a retrouver un homme mort poignardé. Ce même jour, elle prend sous son aile un jeune homme qui rêve de devenir écrivain, un certain Faulkner (ça vous dit quelque chose non ?) et quand ce dernier est suspecté, Dorothy va tout faire pour le protéger.
"- En effet. Messieurs, voici Billy Faulkner, s'empressa d'ajouter Dorothy en poussant le jeune homme dans le dos. Un jeune écrivain plein d'espoir qui nous vient du sud profond.
- Plein d'espoir, hein ? fit Sherwood. Eh bien, je ne vous conseille pas de tout miser sur une carrière d’écrivain, jeune homme. Il n'est pas trop tard pour envisager une profession plus lucrative, voire plus honorable ; percepteur, par exemple ; ou bien gigolo.
- Ça n'a rien donné, j'ai déjà essayé, répliqua Faulkner."

Dans ce roman tout m'a plu, de l'ambiance folle des années 20 et plein prohibition, des personnages que l'on croise au fil des pages, de l'intrigue qui est habillement menée et construite en passant par l’écriture de J. J. Murphy qui m'a beaucoup fait rire.
"Benchley tapait laborieusement sur les touches. Un tintement lui signala qu'il était arrivé au bout de la ligne ; il actionna le retour chariot... et le levier lui resta entre les doigts. Après avoir fulminé un instant en silence, il proféra :
- Comment peut-on écrire sur un engin pareil ?
- On ne peut pas, ou alors très mal, confirma Dorothy. D'ailleurs, il suffit de me lire pour s'en convaincre. Mais ne vous en faites pas pour le levier, on peut le remettre en place.
Il s’exécuta en grommelant et attaqua la deuxième ligne de sa chronique ; et il en était seulement au premier spectacle de la veille...
Nouveau grognement, le lever du chariot venait encore de se détacher.
- Faites comme si c'était une femme, conseilla Dorothy avant de boire une gorgée d'alcool.
Les paupières closes, elle pencha la tête en arrière.
- Soyez gentil et elle obéira à vos moindres désirs.
- Ce n'est pas une femme, mais une machine ; je pourrais m'escrimer dessus toute la nuit qu'elle n'en serait pas plus...Enfin bref."

Dommage que ce roman ne soit pas plus connu et surtout j’espère que folio va traduire les autres romans de l'auteur, car Le cercle des plumes assassines est le premier tome d'une saga très prometteuse.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Challenge de l'été 2017
- Le temps à l'envers (2017/1900)

dimanche 13 août 2017

L'été avant la guerre

Résumé : 

Été 1914, dans la campagne anglaise. La gentry de Rye reçoit pour un pique-nique sur le gazon fraîchement tondu. Les ombrelles et les chapeaux sont de sortie et c'est l'occasion pour Beatrice Nash, 23 ans, récemment débarquée dans la petite ville pour y prendre le poste de professeur de latin, de faire plus ample connaissance avec toutes les personnalités locales. Béatrice est orpheline de mère, et a grandi auprès de son père, un universitaire qu'elle a accompagné dans ses voyages et secondé dans ses travaux. Décédé un an plus tôt, il l'a laissée sous la tutelle de sa famille bien-pensante dont elle tente de s'émanciper en gagnant sa vie Elle est chaperonnée à Rye par Agatha Kent, une Anglaise excentrique comme on les aime, avec une bonne dose d'humour, quelques idées progressistes et une grande habileté diplomatique. Agatha a deux neveux : Daniel, qui rêve de lancer un journal de poésie à Paris, et son cousin Hugh, timide étudiant en médecine, qui courtise la fille un peu écervelée de son patron. Tous deux adoptent d'emblée la nouvelle venue. Et bientôt Hugh rougit un peu trop souvent en compagnie de Beatrice. Mais elle veut rester célibataire et devenir écrivain : deux choix difficiles pour une jeune fille instruite et sans le sou dans la société misogyne et conservatrice de ce début du siècle. L'entrée en guerre de la Grande-Bretagne va bouleverser ses projets et ceux de l'ensemble de la petite communauté, à tous les niveaux de l'échelle sociale. Des réfugiés belges sont recueillis et les hommes s'engagent : Daniel, le colonel Wheaton et son fils, Snout, le petit-fils des tsiganes qui vivent en marge de la ville, et Hugh, que Béatrice voit partir avec un sentiment qu'elle peine encore à nommer...

Mon avis : 

J'ai flashé sur la jolie couverture des éditions 10/18 et  je dois dire que j'ai passé un excellent moment de lecture. C'est ma première rencontre avec Helen Simonson et pourtant La dernière conquête du Major Pettigrew est également dans ma PAL depuis un bon bout de temps.

On plonge dans l'été 1914, et l'on fait la connaissance de Beatrice qui arrive dans un petit village pour y enseigner le Latin. Elle fait la connaissance d'Agatha Kent et de ses deux neveux : Hugh et Daniel. Tout se passe bien au départ, tout le monde est heureux, se rencontre pour le thé ou pour déjeuner... Mais très vite des rumeurs de guerre puis la guerre arrive et tout va changer pour chacun de nos héros.

C'est un excellent roman, un petit peu long à démarrer et avec beaucoup de dialogues qui font que l'on a un peu de mal à suivre entre les multiples personnes que l'ont croisent aux fils des pages. Mais très vite, on s'attache aux personnages et le roman devient vite passionnant. L’écriture de l'auteure m'a beaucoup plu et m'a fait voyagé dans le temps. C'est une jolie découverte et un très bon roman pour les vacances.

Lu dans les cadres des challenges :
- Challenge de l'été 2017
- Le temps à l'envers (2017/1900)

vendredi 11 août 2017

La vérité sur l'affaire Harry Québert


Résumé : 

À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
  

Mon avis : 

Je comprends l'engouement des lecteurs ainsi que les prix littéraires que ce roman a reçu car j'ai passé un excellent moment. 

On fait la rencontre de Marcus Goldman, un écrivain qui après le succès de son premier roman peine à écrire le second. "Écrire un livre, c'est comme aimer quelqu'un : ça peut devenir très douloureux."Quand son ami et ancien professeur d'université Harry Québert est mêlé à la disparition d'une jeune fille bien des années plus tôt, Marcus décide de reprendre l’enquête. 

La vérité sur l'affaire Harry Québert est habillement construit, avec de multiples rebondissements et surtout très bien écrit. L’enquête est passionnante et les pages de ce pavé défilent à vitesse grand V.
C’était ma première rencontre avec Joël Dicker et je dois dire que je suis conquise par son écriture.
"Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer." Et c'est le cas, les personnages sont attachants et j'ai adoré le personnages de la mère de Marcus qui est à mourir de rire.

Enfin, il y a de belles réflexions sur l’écriture et la construction d'un roman qui plairont forcement à tous les lecteurs. Bref, c'est une excellente découverte.

Lu dans les cadre des challenges : 
- challenge de l'été
- ABC policier / thriller
- le tour du monde en 8 ans.


dimanche 6 août 2017

Le facteur émotif

Résumé : 

Bilodo a vingt-sept ans, il est facteur et mène une existence tranquille. À l’ère des mails et des téléphones portables, il n’a plus souvent l’occasion d’acheminer une lettre personnelle. Alors, quand il en trouve une dans le flot de courriers administratifs et de publicités, il lui fait faire un petit détour et, le soir venu, ouvre l’enveloppe à la vapeur pour en découvrir le contenu. Sagement, le lendemain, il la remet à son destinataire. Son petit vice va le conduire à faire la rencontre épistolaire de Ségolène, qui écrit régulièrement de beaux haïkus à un certain Gaston Grandpré. Tandis que son amour pour la belle grandit à l’abri du réel, un étrange coup du sort va lui offrir une opportunité providentielle. Mais le destin ne favorise que les audacieux. Bilodo va devoir devenir poète et abandonner tout espoir de tranquillité, en laissant entrer dans sa vie l’intrigue et le sentiment.

Mon avis : 

J'ai passé un bon moment avec ce court roman, lu d'une traite hier soir.  On y fait la rencontre de Bilodo, un facteur peu ordinaire. Il est plutôt seul, sans ami et son seul plaisir et d'intercepter des lettres de sa tournée pour les lire et finalement les remettre a leur destinataire le lendemain. "À une époque, il s'était envoyé des lettres, mais l'expérience l'avait déçu. Il avait cessé de s'écrire peu à peu, et ça ne lui manquait pas ; il ne s'ennuyait pas de lui-même."
C'est comme ça qu'il fait la "connaissance" de Ségolène qui écrit très régulièrement des haïkus à Grandpré. "[...] mais surtout il y avait des lettres d'amour. Car même en dehors de la Saint-Valentin, l'amour restait les plus commun des dénominateurs, le sujet qui ralliait la majorité des plumes.
Très vite Ségolène devient une obsession et le destin va lui offrir la chance de quitter sa petite vie tranquille. "L'écriture de Ségolène, c'était un parfum pour l'œil, un élixir, une ode, c'était une symphonie graphique, une apothéose, c'était beau à pleurer. Ayant lu quelque part que l'écriture était le reflet de l'âme, Bilodo concluait volontiers que celle de Ségolène devait être d'une pureté sans pareille. Si les anges écrivaient, c'était sûrement ainsi."

C'est un roman habillement construit, avec une fin surprenant. Le français du canada est un dépaysement total, certains mots ou expressions font voyager. Bilodo est un antihéros, difficile de s'y attacher car il a des réactions parfois un peu extrêmes et pourtant, on lui souhaite un peu de bonheur. Le roman est court et se dévore d'autant que l'on a qu'une envie, c'est de connaître la fin. 

Lu dans le cadre des challenges :
- ABC 2017
- Bookineurs en couleurs #3.5 - JAUNE

mercredi 2 août 2017

Mourir, la belle affaire

Résumé : 

Équateur, Quito, 2 850 mètres d'altitude. Arturo Fernandez, médecin légiste, subtil et mélancolique observateur, raconte l'histoire de María del Carmen. Seule rescapée d'un accident de voiture, elle a promis à l'inspecteur Heriberto Gonzaga de l'épouser s'il retrouvait les chauffards. Mais peu de temps après, la jeune fille se suicide.
Arturo parle aussi de Paulina et de tous ces anonymes d'une cité ceinturée de montagnes et de volcans, fragilement bâtie sur des collines sillonnées de ravins.
L'enquête de l'inspecteur avance pourtant et tous ces récits peu à peu s'entrecroisent, tissant le tableau d'une ville violente, indifférente, passive devant l'injustice sociale, le destin et l'acharnement de la nature.
Un lieu où la mort est quotidienne et sans autres conséquences qu'intimes et tragiques pour ceux qu'elle frappe.

Mon avis : 

Le temps de la lecture de ce roman, j'ai posé mes valises en Équateur. C'est bien le dépaysement que je cherchais et je dois dire que j'ai été servi, par contre je suis dans l'ensemble un peu déçue par l'intrigue. Je suis donc extrêmement partagée....

Tout d'abord, on a affaire ici à un roman très noir ! Des morts a la pelle, de la violence et une image assez triste du pays. En bref, si vous êtes déprimés reportez votre lecture car ce roman ne vous remontera pas le moral. Et puis, je doute que vous ayez envie de réserver vos billets d'avions pour un voyage en Équateur en ayant achevé votre lecture. Malgré tout, il y a des pointes d'humour qui m'ont fait sourire : "Il y a des noms comme ça qui apparaissent de la façon la plus insolite ; en Équateur, il y a un Semen de los Dioses ("Semence-des-Dieux") Hernandez, ainsi que quelques Leidi Di Benitez, sans parler des Tres a Cero ("Trois-à-zéro"), pour fêter la victoire du club Barcelona de Guayaquil contre l'équipe Emelec au cours de l'un de ces derbys dont nul ne se souvient plus aujourd'hui, ou encore des Lenin Estalin, Ernesto Fidel, Napoleon, Quénédi et Voltèr, écrits directement comme ça. L'ignorance et les convictions de tous ordres vont souvent de pair. "


L'intrigue avait pourtant bien débuté, un accident de la route avec un délit de fuite et quelques années plus tard, la rescapé de l'accident se suicide. C'est l'occasion pour la police de rouvrir le dossier.
"Dans la police nationale, on respecte trois choses : les mères, la patrie et Dieu ; quant au reste, on avise en fonction des circonstances." Jusque là, j'étais satisfaite mais très vite le roman devient brouillon. Il y a trop de personnages, j'en ai plusieurs fois perdu mon latin... Dans ce cas-la, il est dur de suivre correctement l'enquête. Heureusement le roman est court et j'ai persévéré et à la fin enfin, les pièces du puzzle s'emboîtent.

C'est une découverte intéressante mais je suis malgré tout un peu déçue d'autant que la couverture et son annonce "le premier polar équatorien traduit en France" m'avait laissé sous entendre qu'il s'agissait ici d'un excellent roman. J'en attendais sans aucun doute un peu trop !

Lu dans le cadre du challenge : 
- Tour du monde en huit ans

lundi 31 juillet 2017

Blonde à forte poitrine

Résumé : 

À 17 ans, Vickie, jeune fille naïve d’une petite ville texane, tombe enceinte de son copain. Rejetée par sa mère et bientôt par sa belle-famille, elle trouve refuge dans un club de strip-tease avec son bébé. Un peu trop grande, un peu maladroite, elle est pourtant vite remarquée pour le pouvoir d’attraction qu’elle exerce sur les hommes. De playmate à star de la téléréalité, son ascension sera fulgurante. Mais qu’il est dur de rester soi quand le monde entier convoite votre corps…

Mon avis : 

J'avais déjà beaucoup aimé Nous sommes cruels, je retrouve ici Camille de Peretti qui signe, avec Blonde à forte poitrine, une biographie romancée d'Anna Nicole Smith. En tant que lecteur, on passe par tous les sentiments : la colère, la tristesse, le rire mais surtout la pitié.

Vickie est une jeune fille naïve, qui ne connaît pas grand chose à la vie et qui se retrouve enceinte adolescente. Pour survivre, elle se fait embauchée dans un club de strip-tease. Elle va ensuite connaître un ascension très rapide. On a tous eu vent de ses déboires, assez médiatisés de son vivant mais on découvre aux fils des pages une femme sensible, aimante et attentionnée auprès de son fils, mais aussi une femme naïve, qui se laisse embobiner. Les hommes n'auront de cesse de profiter d'elle, de son corps, de son argent et de sa notoriété.

A nouveau, j'ai été conquise par le style de l'auteure. Direct, parfois cru mais en même temps relativement bien écrit et je trouve dommage que ses romans ne sont pas plus médiatisés.

Lu dans le cadre des challenges :
- Challenge de l'été
- Objectif du mois

dimanche 30 juillet 2017

La drôle de vie de Zelda Zonk

Résumé : 

Foutu mardi, foutue pluie… Sur cette route d’Irlande qu’Hanna a prise tant de fois pour aller à son atelier, c’est l’accident. À l’hôpital, la jeune femme se lie avec Zelda, sa voisine de chambre de 85 ans, positive et joyeuse, experte en broderie. Mais Hanna sent un mystère chez la vieille dame, qui esquive toute question précise sur son passé. Que peut-elle avoir à cacher, à son âge ? Bientôt, Hanna découvre que Zelda Zonk était le nom d’emprunt de Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. Hanna sait bien que c’est absurde, Marilyn est morte il y a presque cinquante ans, et pourtant… Tout en menant l’enquête, Hanna commence à réfléchir au sens de sa propre vie. Est-elle vraiment épanouie dans ce hameau perdu, dans ce mariage routinier ? Si vraiment Zelda est Marylin, si elle a réussi à passer de la lumière à l’anonymat, pourquoi elle-même ne pourrait-elle pas changer de vie ?

Mon avis : 

Tout d'abord, je tiens à remercier Stellade (sur Livraddict) qui a organisé cette lecture commune et m'a permis à sortir ce roman de ma PAL. La drôle de vie de Zelda Zonk a été un coup de cœur que je ne peux que vous recommander !

Tout d'abord, si vous voulez du dépaysement, le roman vous offre un peu d'Irlande (Cork et Kinsale) et un peu de Paris. C'est trois villes sont vraiment très bien décrites par Laurence Peyrin et l'on voyage aux fils de pages. Je ne connais pas assez Paris pour vous dire si les descriptions y sont fidèles mais pour ce qui est de Cork, c'est très réussi !

Ensuite l'intrigue est vraiment prenante : On fait la connaissance d'Hanna qui a un accident de la route par un matin pluvieux. A l'hôpital, elle va faire la connaissance d'une vieille dame qui répond au nom de Zelda Zonk. Pseudonyme qu'utilisait Marylin Monroe pour passer incognito. Elle va donc enquêter sur la vieille dame et son passé et cet accident va aussi lui faire ouvrir les yeux sur sa propre vie. 

Tous les personnages de ce roman sont vraiment attendrissants et attachants. Hanna d'abord, qui est madame tout le monde et à qui ont s'identifie forcement, Zelda, tellement attachante, pleine de sagesse et mystérieuse. 
"Vous savez, personne n'est obligé de laisser une trace. Si on se débarrasse de cette ambition, peut-être qu'on apprécie bien mieux la vie."
Et puis, mon petit chouchou Michael, dont je soupçonne qu'il a fait craqué plus d'une lectrice !

Enfin, le roman est habillement construit et le suspense demeure jusqu'aux dernières pages. 
"Au fond, que Zelda Zonk ait été Marilyn ou pas n’était pas le problème – cela n’avait jamais été le problème. Seule subsistait de cette quête la possibilité d’une autre vie, pour elle et pour tout le monde."
Il y a d'ailleurs une suite que j'ai très envie de découvrir. L'écriture de l'auteure m'a beaucoup plu également, c'était la première fois que je lisais un de ses romans mais ce ne sera pas le dernier. 

Lu dans le cadre de :
- Lecture commune
- Challenge de L'été 2017
 

samedi 29 juillet 2017

La première chose qu'on regarde

Résumé : 

Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
Face à lui : Scarlett Johansson.
Il a vingt ans, il est garagiste.
Elle en a vingt-six, et elle a quelque chose de cassé.

Mon avis : 

Après La liste de mes envies, je continue ma découverte des romans de Grégoire Delacourt et une nouvelle fois, j'ai passé un très bon moment. 

Nous débarquons dans la Somme, en Picardie ou devrais-je dire maintenant Les Hauts-de-France. Alors forcement, ça me parle, puisque c'est chez moi ! On y rencontre Arthur Dreyfuss, un jeune homme de 20 ans, garagiste, qui fantasme sur de nombreuses filles mais qui est toujours seul. Et puis un jour on frappe à sa porte et c'est Scarlett Johansson. Imaginez la surprise ! 
"Le jour où commence ce livre, on frappe à sa porte. Arthur Dreyfuss regardait un épisode des Soprano (saison 3, épisode 7 : "Oncle Junior se fait opérer d'un cancer à l'estomac"). Il fit un bond. Cria : c'est qui ? On frappa de nouveau. Alors il alla ouvrir. Et n'en crut pas ses yeux.
Devant lui se tenait Scarlett Johansson.
"

Au fil des pages, on s'aperçoit que ce couple hors-norme est en fait deux êtres cassés, un couple qui essaie de se reconstruire jusqu'à cette fin tragique. 
"[...] si j'étais devenu le mec de Marilyn Monroe, jamais elle se serait empoisonnée avec toutes ces conneries ; je le sais. C'est pas des footballers, des acteurs, des présidents, des auteurs prétentieux et des gens qui s'aimaient plus qu'elle qu'il lui fallait, non ; ce dont son cœur avait besoin, c'était d'un gars simple, honnête, qui aime les autres, un garagiste, un type capable de l'emmener en auto voir des jolies choses, de baisser la capote, de lui faire respirer l'air roux d'un bel automne, de lui faire goûter la pluie, les minuscules gouttes remplies de poussière, gonflées de vent de lui tenir la main, sans la serrer, sans l'étouffer surtout, sans chercher à la baiser sur la banquette arrière [...]"
Autour d'eux gravitent différents personnages, PP l'employeur d'Arthur qui m'a beaucoup fait rire, la mère d'Arthur qui sombre chaque jour un peu plus et bien d'autres.... 

J'ai aimé retrouvé l'écriture de l'auteur et cette forme de tragi-comique que j'avais déjà rencontré dans la liste de mes envies :
"- Pourquoi le bonheur c'est toujours triste ? demande-t-il.
- Parce qu'il ne dure jamais peut-être?
"

C'est encore une fois une bonne découverte et j'ai prévu de sortir de ma PAL prochainement On ne voyait que le bonheur.

Lu dans le cadre du : 
- Challenge de l'été

vendredi 28 juillet 2017

Bookineurs en couleurs #3.5 - JAUNE (du 17.07 au 17.09)






Nouvelle session du challenge Bookineurs en couleurs et cette fois-ci c'est la couleur jaune qui est mise a l'honneur. Le challenge est organisé sur Livraddict par Luna.
Le but est simple : lire le plus possible de livres avec une couverture jaune pendant deux mois (du 17.07 au 17.09).

Mes lectures : 

- En attendant Bonjangles / Olivier Bourdeaut [ma critique]
 - Le facteur émotif / Denis Thériault [ma critique]